Sahel: Les attaques contre les élèves et les enseignants reprennent avec la réouverture des écoles

🔴 Dans certaines régions du Burkina Faso, du Niger et du Mali, l’éducation reste une cible des groupes armés🇲🇱🇧🇫🇳🇪

Ecoles incendiées, collèges attaqués, lycéens menacés… La violence qui sévit depuis près de deux ans contre le système éducatif ne semble pas près de s’arrêter dans le Sahelcentral.Sahel central. Un rapport de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) recense plusieurs attaques, parfois similaires, dans trois pays depuis la reprise des cours.

◼️Une rentrée à hauts risques

Les attaques contre les établissements scolaires avaient relativement diminué pendant les vacances d’été dans plusieurs parties de la région du Sahel. Mais la reprise des cours a été accompagnée par une relance de “la campagne contre l’éducation”, comme le souligne l’organisation GCPEA dédiée à la protection de l’éducation.

Dans le sud du Niger, par exemple, deux lycées de la région de Tillabéri ont été fermés en juin dernier après les menaces proférées par des groupes armés. Le ministère régional de l’Education a dû transférer des dizaines d’élèves dans une zone plus sécurisée, pour leur permettre de passer des examens.

◼️Des écoles incendiées

Au Burkina Faso, au moins 18 écoles ont été brûlées en juin et juillet derniers, selon la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques, qui cite les médias locaux et internationaux. Des cantines scolaires ont été pillées lors de ces attaques.

Une vingtaine de collèges au Mali ont subi le même sort quelques jours après leur réouverture en juin. La majorité des incidents ont eu lieu dans la région de Mopti, au centre du pays. A Niafunke, dans la région de Tombouctou, le bureau d’un directeur d’école et du matériel pédagogique ont été incendiés pour dissuader les élèves de revenir.

“Toutes ces attaques sont des avertissements” contre la réouverture des écoles, souligne la GCPEA, qui note que les écolières, étudiantes, et éducatrices sont spécifiquement affectées par cette violence.

L’organisation dénonce une augmentation alarmante des attaques contre l’éducation dans tout le Sahel. Elle fait apparemment partie d’une stratégie destinée à empêcher la scolarisation des enfants comme au Nigeria.

Depuis 2018, plus de 3 000 écoles ont été fermées au Mali, au Burkina et au Niger. Des centaines de milliers d’enfants sont ainsi privés d’enseignement.

Au Burkina Faso, “on ne peut pas être sûr de pouvoir continuer ses études” à cause des violences

L’Unicef et Human Rights Watch mettent en garde contre les conséquences de l’insécurité sur l’éducation des enfants.

Les cours devraient reprendre le 1er juin 2020 au Burkina Faso après une fermeture de plus de deux mois en raison du coronavirus. Mais près de 350 000 enfants resteront privés d’école et leur avenir semble compromis, selon un rapport détaillé de Human Rights Watch (HRW).

◼️“Un combat contre l’éducation

Bien avant le coronavirus, le système éducatif a été ébranlé par la violence qui frappe le Burkina Faso depuis 2017, précise l’étude de l’organisation HRW. La multiplication des attaques jihadistes a entraîné une série de fermetures d’écoles à travers le pays. 2 500 établissements scolaires sont hors service, notamment dans la région du Sahel, au nord, où des dizaines de milliers d’enfants n’ont plus accès à l’éducation.

Les terroristes veulent des enfants ignorants pour pouvoir les influencer. (…) C’est cela que nous devons tous craindre
Jacob Yarabatioula, chercheur burkinabè spécialiste du terrorisme
à Human Rights Watch

Augmentation du travail des enfants
Les attaques contre les civils et les institutions de l’Etat ont nettement augmenté ces derniers mois. L’insécurité a provoqué le déplacement de plus de 838 000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants. La plupart ont dû arrêter l’école pour travailler et soutenir leur famille. Plusieurs enfants se disent malheureux “de ne pas être sûrs de pouvoir continuer” leurs études.

Les filles sont particulièrement pénalisées, puisque leur éducation n’était pas considérée comme prioritaire. Un directeur de collège qui avait fermé après une attaque raconte, le cœur serré, qu’une vingtaine de ses élèves sont déscolarisées.

Une de mes élèves avait reçu une bourse… Elle est à Ouagadougou pour le travail, pour faire le ménage. Elle a 14 ans
Le directeur d’un collège fermé
Rapport de Human Rights Watch

◼️Des enfants vulnérables

Si de nombreux enfants ont totalement perdu tout accès à l’éducation, d’autres tentent encore de s’accrocher et font plusieurs kilomètres à pied ou à vélo pour fréquenter l’école d’une autre ville. Certains se sont même installés seuls, sans adultes, dans des villes éloignées pour pouvoir continuer à aller à l’école. Un phénomène repéré par des enseignants cités dans le rapport.

“Ils louent des maisons à 2 ou 3, juste pour pouvoir continuer à aller en cours. Je connais 10 à 20 élèves qui sont en location tout seuls. Des enfants de… 11 à 17 ans”
Enseignant burkinabè
Rapport de Human Rights Watch

Selon l’Unicef, plus de 350 000 enfants ont besoin de protection au Burkina Faso. C’est dix fois plus qu’il y a un an.

Par Eléonore Abou Ez – Rédaction Afrique – France Télévisions

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