Afrique: une Magnifique Histoire sur la communauté Peulh à decouvrir

FEINBOUGAAL

📌Naissance chez les Peuls

Chez les peuls, le premier-né d’une femme est mis au monde chez la mère de celle-ci, et les suivants naissent chez leur père, en présence des femmes seulement.

La semaine qui suit la naissance du bébé, la mère et l’enfant restent dans la case à cause de l’état de faiblesse de la mère, pour éviter à l’enfant d’être exposé, le temps que cède le cordon ombilical, et en plus en pays Khassonkê, le clan des Sidibé ne doit pas apercevoir de Djibato (une femme nouvellement accouchée).

Le père informe ses beaux-parents de sa nouvelle paternité par l’envoie d’un paquet de noix de cola et d’argent

Une semaine, jour pour jour, après la naissance, a lieu l’imposition du nom.
Le père dit le prenom qu’il donne à l’enfant, au cours de la cérémonie du fembugal (raser la tête) ou innugol (nommer), communément appelée Dein’na’bö.

Généralement, c’est le père qui choisit le prénom du nouveau-né, mais diverses raisons peuvent motiver son choix

Avant d’être islamisés, les peuls portaient des prénoms selon leur ordre de naissance

Pour les garçons⬇⬇⬇
📌1er Sara
📌2e Samba
📌3e Yero
📌4e Pathé…

Pour les filles⬇⬇⬇
📌1e Sira
📌2e Penda
📌3e Goulo
📌4e Dyiba…

Avec l’islamisation, ils ont adoptés et adaptés
des prénoms musulmans comme⬇⬇⬇

📌Amadou (Ahmed),
📌Mamadou (Mohamed),
📌Djenabou (Zenab),
📌Fatoumata (Fatima)…,
tout en conservant certains prénoms peuls accolés à des circonstances comme:

➡Mamadou Bhoyi (Mamadou qui à retardé),
la mère ayant eu des enfants tardivement
➡Mamadou Djouldé (Mamadou né un jour de fête)
➡Mamadou Oury (Mamadou vivant) attribuée à l’enfant dont tous les frères et soeurs ont péri successivement en bas âge afin de lui assurer longue vie
➡Mamadou Djan (Mamadou du bonheur)
➡Fatoumata Maladho (Fatoumata l’élue)….

Des prénoms dérivés des statut comme:

Alpha de Alphadjo (lettrés), Karamoko de Karamokodjo (professeur),Almamy de Almamydjo (dirigeant) Baïlô de Baïlôdjo (forgeron)…

Les jumeaux considéré comme signe de bénédictions divine reçoivent 2 noms appareillés:

📌Al Hassane – Al Husseyni
📌Mamadou – Mamoudou
📌Saïdou – Sadou
📌Houssay – Hassanatou….

Le jour de la cérémonie qui exprime la reconnaissance de paternité du nouveau-né
Sanfa (prénom provisoire).

Les parents de l’enfant ayant pris éventuellement l’avis des parents paternels ont décidés du prénom de l’enfant en secret.

Les sages du côté du père en accord avec ceux de la mère désignent un Karamoko pour procéder au sacrifice d’un bélier ou une chèvre (le boeuf sacrificiel) selon le sexe du nouveau-né.

Les « mères » coupent les cheveux de l’enfant : une femme, désireuse d’avoir des enfants, se lave avec l’eau qui a servi à la coupe des cheveux, met le bébé sur son dos, lui met un turban blanc et suivit du cortège, des femmes, font 3 fois le tour de la case où à lieu le “fembugal” avec un arc, un sabre et une ardoise d’écolier dans les mains, si c’est un garçon ; et 4 fois, si c’est une fille, avec une cuillère, un fouet à sauce et une puisette, des morceaux d’étoffe, des lefas (vannerie circulaire servant à couvrir les calebasses) et des calebasses…

Au moment où le Karamoko égorge l’animal, il murmure le prénom de l’enfant en ces termes “ismuhu boobo on wiaama kaariijo”, c’est-à-dire “cher bébé vous êtes nommé untel”.

Après avoir fait circuler dans l’assemblée réunie pour la circonstance le nom de l’enfant est inscrit sur un papier, les awlubhê ou griots reprennent solennellement à haute voix le prénom du bébé en souhaitant que Dieu protège le bébé.

C’est alors que le festin et les réjouissances peuvent commencer.

Les griots quant à eux accompagnent ces festivités aux sons de leurs instruments et par des déclamation louangeuses

Le jour même de la cérémonie une délégation doit apporter aux beaux-parents une partie de la viande, des colas, des nattes et des cordes pour attacher les bêtes ou l’équivalent en argent.

En retour, cette délégation reçoit des beaux-parents des plats de riz en symbole de respect.

Cet échange de dons appelé “futu” marque la consolidation des relations entre les deux famille

Pour un premier-né, l’accouchée reste quelques semaines chez sa mère qui lui apprend à tenir et à soigner son enfant.

Jusqu’à 7 ans pour le garçon, jusqu’au mariage pour la fille, la mère est la gardienne et l’éducatrice normale des enfants (ne’uɗo)

Dans l’enfant peul (Amkoullel), Hampathé Ba nous rappelle que:⬇⬇⬇⬇⬇

🛑« Un enfant Peul grandira dans une double fidélité : à un véritable code de l’honneur (le poulaakou) et à un total respect de la volonté maternelle.Un peul peut désobéir à son père, jamais à sa mère»🛑

📌 La règle est absolue.

L’homme, dit-on chez nous, n’est qu’un semeur distrait, alors que la mère est l’atelier divin ou le créateur travaille directement, sans intermédiaire, pour former et mener à maturité une vie nouvelle

Et comme dit l’adage Malien:⬇⬇⬇⬇⬇⬇⬇

🛑 « Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, nous le devons 1 fois seulement à notre père, mais 2 fois à notre mère »🛑

Néanmoins, « En Afrique traditionnelle, l’individu est inséparable de sa lignée, qui continue de vivre à travers lui et dont il n’est que le prolongement.
C’est pourquoi, lorsqu’on veut honorer quelqu’un, on le salue en lançant plusieurs fois non pas son nom personnel (ce que l’on appellerait en Europe le prénom) mais le nom de son clan : « Bâ ! Bâ ! » ou « Diallo ! Diallo ! » ou « Cissé ! Cissé ! » car ce n’est pas un individu isolé que l’on salue, mais, à travers lui, toute la lignée de ses ancêtres. »

Merci Landhô Tampoubhei

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